L’opposition chez les enfants
Origine et impacts sur la famille
Dans la majorité des cas, le comportement d’opposition est le symptôme d’un sentiment d’inconfort, d’insécurité ou de blessure intérieur chez l’enfant. Dans une métaphore avec une maison en feu, l’opposition vécue par l’enfant est bien la fumé et non le feu qui entour le foyer, pour ce motif il faut d’abord comprendre la source de l’état d’opposition, c’est à dire l’événement déclencheur de l’état d’opposition, pour ainsi pouvoir trouver une solution.
Parmi les possibles raisons nous avons:
-des conflits conjugaux (l’enfant se sent indirectement coupable)
-l’absence d’un parent (l’enfant se sent abandonné)
-la naissance d’un bébé (l’enfant se sent menacé, moins aimé)
-le déménagement (l’enfant se sent perdu)
-la rentrée à l’école (la peur à la nouveauté)
-un/des parents trop permissif(s) ou trop autoritaire(s) (les limites ne sont pas claires)
-un enfant avec un profil anxieux et/ou perfectionniste
Note : dans le cas où l’enfant est en opposition continue, c’est à dire à la maison, à l’école/CPE, chez les grands-parents, chez les amis…on pourrait parler d’une hypothèse de trouble d’opposition. À la fin de ce billet vous trouverez une liste de symptômes et des recommandations que vous pouvez utiliser pour dépister un possible trouble d’opposition chez l’enfant.
Impacts sur la vie familiale
Le comportement d’opposition peut avoir plusieurs impacts sur la dynamique familiale, surtout lorsqu’il s’agit d’un trouble d’opposition. Voici quelques exemples :
-bris de lien entre parent-enfant
-isolement de la part de la famille (peur d’être en publique ou de gérer des crises)
-épuisement et dévalorisation des parents
-baise de l’estime de soi chez l’enfant
-divorce
Interventions de base
Avant d’aborder les plusieurs types d’intervention, il est important de comprendre le moteur qui d’éclanche les crises ou le comportement d’opposition chez l’enfant. Tout d’abord, il faut comprendre qu’il y a des enfants qui peuvent vivre un moment de détresse temporaire et d’autres qui se retrouvent dans un état de stress continu dû à un profil anxieux.
Pas importe la source de l’opposition opposition, il est essentiel de comprendre qu’à la base un enfant nécessite de pouvoir combler une série de besoins avant de pouvoir se sentir en pleine forme pour nous écouter et vouloir suivre des consignes.
Par exemple, un enfant nécessite d’abord combler les besoins physiologiques de base (faim, soif, sommeil) et de sécurité (environnement stable, libre d’anxiété), avant de pouvoir combler les besoins d’appartenance (amour, affection des autres, se sentir compris, faire parti d’un groupe, avoir un statut).

Dans le cas d’un enfant avec un profil anxieux, celui a surtout besoin de bien paraître, d’être accepté par les autres. Dans ce cas, l’enfant dépense beaucoup d’énergie à bien faire, à être le meilleur, mais lorsqu’il arrive à la maison où il se sent en sécurité, il déborde. Il n’est plus capable de gérer la peur d’être jugé ou de tenir fort pour continuer à bien faire, il est tout simplement épuisé. C’est pourquoi ce type d’enfant explose à la moindre demande de la part du parent une fois arrivé à la maison. C’est le cas de « l’ange à l’école et le démon à la maison. »
Dans les deux cas, c’est à dire celui d’un enfant anxieux ou un enfant en détresse temporaire, l’enfant a besoin de pouvoir nous faire confiance et de pouvoir trouver un espace à la maison qui lui permet de libérer le stress vécu pendant la journée. Pour que l’enfant nous écoute et puisse être guidé en harmonie, il a surtout besoin de se sentir aimé et en sécurité.
Lorsqu’on a une idée de la raison pour laquelle l’enfant a une tendance à s’opposer dans certaines situations, vous pouvez mettre en place des stratégies pour combler le besoin de base de l’enfant.
Ici nous ne parlons pas des stratégies d’intervention dans le cas d’un trouble d’opposition, mais on parle plutôt des interventions qu’on pourrait appliquer auprès des enfants qui vivent un moment de détresse temporaire, dû à un éventement déclencheur (déménagement, naissance d’un bébé, etc.,) ou bien des enfantas qui ont un tempérament anxieux.
Interventions :
- Au retour de l’école/CPE, laisser l’enfant 30 minutes de calme pour libérer son stress. Comment ? À travers le jeux libre ou bien une activité physique tels qu’une séance de chatouille avec maman ou bien une séance de bagarre pour rire avec papa… Il est important alors d’éviter de demander l’enfant de ramasser son sac ou de faire des devoirs tout suite après le retour à la maison.
- Avoir un approche empathique avec l’enfant, c’est à dire lorsque vous parler à l’enfant il faut baiser le ton, se mettre face à face, l’écouter et l’aider à mettre des mots sur ses émotions tout en les acceptant. Exemple : si un enfant voit une voiture dans le magasin qui lui plait beaucoup et qu’il voudrait acheter, il faudrait explorer les motifs qui l’amène à aimer la voiture, à vouloir l’acheter…au lieu que de lui dire « no, on ne peut pas l’acheter car tu en as déjà beaucoup d’autres… ». Si l’enfant sent que le parent s’intéresse à son désir d’avoir un auto, il comprendra acceptera plus facilement la fin de votre conversation. Après avoir écouté l’enfant, le parent pourrait dire « Je comprends bien que tu aimes beaucoup cette voiture, elle est vraiment belle, peut-être que nous pouvons l’acheter pour ta fête…regard, je vais la prendre en photo pour ne pas l’oublié ». (À ce sujet vous aller trouver un billet dans les prochains jours pour mieux comprendre l’approche empathique chez les enfants).
- Avoir un coin d’apaisement à la maison. Dans ce coin on peut avoir un puff, des coussins, des livres, de la musique douce, une lampe à lave).
- Confronter graduellement l’anxiété de l’enfant. Tout d’abord en acceptant que l’enfant vit des peurs, en lui expliquant que rien de grave peut lui arriver s’il ne réussi pas à faire une tel chose et que l’amour des parents est inconditionnel. Exemple : Un enfant qui ne veut pas assister à un fête d’amis, pourrait être accompagné par le parent puis y assister seulement une heure en principe, pour ensuite le faire tout seule une heure à la fois. Mettre des mots sur les sentiments de l’enfant par rapport à ses craints peut être aussi utile. Note : Dans le cas des enfants qui vivent une détresse temporaire ou avec un profil d’anxiété, il est très important d’éviter l’utilisation du coin retrait sous forme de discipline, car ça peut accentuer le sentiment d’insécurité vécu par l’enfant. À ce sujet vous trouverez un billet dans les prochains jours, extrait du livre « Peaceful Parents, Happy Siblings, par Dr. Laura Markham. »
- Mettre fin à l’argumentation à travers la simple répétition de la consigne en suivant le schéma du neuropsychologue américain Russell Barkley (Lire la partie : « cycle d’opposition » à la page : L’opposition, la provocation)
- Psychothérapie.


Trouble d’opposition et causes
Profil de l’enfant ayant un trouble d’opposition
- enfant qui ne cherche pas à plaire
- enfant vengeur et provocateur
- manque d’empathie (pas de regret de ses comportements)
- enfant qui cherche activement à faire le contraire de ce qui lui est demandé
- enfant qui regarde le parent dans les yeux en faisant son mauvais coup
- enfant qui aime voir son parent réagir et lui faire perdre le contrôle
- enfant qui sabote les moments agréables (il aime bien être dans le chaos)
Profil typique
- L’enfant est toujours difficile, depuis le jour 1
- L’enfant a une personnalité opposante et colérique innée
- Toute consigne est difficile
- Enfant qui contrôle
- Regard menaçant
- Intérêt précoce pour la sexualité
Note : L’enfant avec un trouble d’opposition présente ses comportements partout, à la maison, à l’école, chez la famille, les amis. En ce qui concerne les causes je vous invite à lire la page sur le Trouble d’opposition/provocation de Benoît Hammarrenger D P.H.
https://aqnp.ca/documentation/developpemental/le-trouble-dopposition-provocation/
Référence: Conférence animé par Dr. Benoît Hammarrenger, neuropsychologue (2017)
Rédaction fatie par Sindy R.
Photo en tête: mon petit de 2 ans en disant « NON »
Images utilisées pour illustrer le texte: via Pinterest

